Comparatif logiciel DUERP : quel outil choisir en 2026
Choisir un logiciel DUERP ressemble à un choix technique. C’est d’abord un choix de besoin : voulez-vous produire un document une seule fois, ou piloter votre évaluation des risques année après année ? Cette question tranche le comparatif avant même de regarder les prix. Les outils institutionnels comme OiRA sont gratuits. Les solutions payantes vont d’une vingtaine à quelques centaines d’euros par an.
Le marché mélange des outils officiels gratuits, des solutions open source et des logiciels en abonnement. Notre guide complet du logiciel DUERP pose le décor général ; ici, l’objectif est de départager ces familles selon votre taille, votre secteur et votre budget, sans classement de complaisance.
Un détail change tout : le logiciel structure votre saisie, il ne mène pas l’évaluation à votre place. Un document rempli trop vite reste non conforme, quel que soit l’outil. Et depuis la loi du 25 juin 2026 contre les fraudes sociales et fiscales, l’absence de DUERP ou son défaut de mise à jour peut exposer l’employeur à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié concerné.
Ce que recouvre vraiment un logiciel DUERP
Derrière l’expression « logiciel DUERP » se cachent trois familles d’outils très différentes, plus une option de dépannage. Les confondre conduit à payer pour ce dont on n’a pas besoin, ou à sous-équiper une structure qui gère plusieurs sites.
Pour une TPE dont le secteur est couvert, un outil gratuit officiel suffit souvent. Les logiciels payants se justifient dès qu’il faut suivre les versions, archiver et mettre à jour dans le temps.
La première famille regroupe les outils gratuits institutionnels. OiRA, développé par l’INRS et l’Assurance Maladie – Risques professionnels, propose des questionnaires par métier et des mesures de prévention préremplies. L’OPPBTP fournit l’équivalent pour le bâtiment et les travaux publics. Ces outils génèrent un rapport et un plan d’action téléchargeables en PDF.
La deuxième famille est open source : DigiRisk, bâti par la société Evarisk sur l’ERP Dolibarr, est gratuit et personnalisable, mais demande des compétences techniques pour l’installer et le paramétrer. La troisième réunit les logiciels SaaS payants, en abonnement, qui misent sur le suivi dans la durée. Reste le tableur (Excel, Word) : familier et sans coût supplémentaire, mais dépourvu d’horodatage fiable et fragile sur la gestion des versions.
Le comparatif des solutions selon votre situation
Le tableau ci-dessous confronte les principales options sur les critères qui pèsent au moment de décider : le coût, le profil d’entreprise visé, les points forts et les limites réelles. Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur constatés sur le marché début 2026.
| Solution | Coût indicatif | Pour qui | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|---|
| OiRA (INRS / Assurance Maladie) | Gratuit | TPE d’un secteur couvert | 43 questionnaires sectoriels, mesures de prévention préremplies, PDF conforme | Secteurs limités, pas de suivi des versions, mise à jour à refaire chaque année |
| OPPBTP (secteur BTP) | Gratuit | Entreprises du bâtiment et des TP | Pensé pour les risques du BTP, adossé à l’organisme de branche | Réservé au BTP |
| DigiRisk (open source) | Gratuit, auto-hébergé | Structures avec ressources techniques | Personnalisable, basé sur Dolibarr, communauté active | Installation et paramétrage techniques |
| Logiciel SaaS dédié | ≈ 20 à 350 €/an (TPE-PME), sur devis au-delà | PME, multi-établissements, besoin de pilotage | Historique des versions, alertes de mise à jour, archivage, gestion multi-sites | Coût récurrent, qualité variable selon l’éditeur |
| Tableur (Excel, Word) | Inclus dans la suite bureautique | Dépannage, tout premier jet | Aucun coût supplémentaire, prise en main immédiate | Pas d’horodatage fiable, versioning fragile, non collaboratif |
| Consultant / prestataire | ≈ 400 à 2 500 € HT et plus (prestation) | Risques élevés, industrie, absence de temps interne | Expertise, visite sur site, plan d’action rédigé | Coût, dépendance externe pour les mises à jour |
Aucune ligne n’est « la meilleure » dans l’absolu. Une TPE de coiffure trouve son compte dans OiRA ; une PME de quinze salariés répartis sur trois sites a besoin d’un outil qui suit les versions et signale les échéances. Le bon choix dépend de trois variables : la taille, le secteur et le temps que vous pouvez y consacrer.
Gratuit ou payant : la vraie ligne de partage
La question « gratuit ou payant » cache la vraie frontière, qui sépare la création ponctuelle du pilotage dans le temps. Produire un premier document conforme est aujourd’hui possible sans dépenser un euro.
Pour une TPE d’un secteur listé, l’outil OiRA de l’INRS couvre l’essentiel : questionnaire guidé, cotation assistée, plan d’action et export. Les autres solutions gratuites de l’Assurance Maladie fonctionnent sur le même principe. Leur limite tient en un mot : le suivi. OiRA ne gère ni l’historique des versions, ni l’archivage sur 40 ans, et vous devez recommencer chaque année.
C’est exactement là que le payant se rembourse. Un logiciel en abonnement conserve chaque version horodatée, envoie des rappels de mise à jour et centralise les données de plusieurs sites. Pour une entreprise qui doit prouver la continuité de sa démarche de prévention lors d’un contrôle, cette traçabilité vaut son prix. Pour un artisan seul, elle est facultative.
Les critères qui comptent, et ceux qui font joli
Les pages commerciales alignent les fonctions comme des arguments. Beaucoup sont accessoires. Voici les critères qui pèsent réellement sur la conformité et sur votre confort d’usage.
- Base de risques adaptée à votre secteur : un référentiel générique passe à côté des dangers propres à votre activité.
- Archivage 40 ans et historique des versions : c’est une obligation légale de conservation, pas une option marketing.
- Mise à jour sans tout régénérer : modifier un poste ou ajouter un risque doit prendre quelques minutes.
- Hébergement des données en France, conforme au RGPD : un DUERP contient des informations sensibles ; un hébergement certifié HDS ou ISO 27001 est un vrai gage.
- Export PDF avec les mentions obligatoires : unités de travail, cotation, plan d’action, prêt à présenter en cas de contrôle.
- Gestion multi-sites et droits d’accès : utile seulement si vous pilotez plusieurs établissements.
À l’inverse, certaines promesses relèvent de l’habillage. L’intelligence artificielle qui « suggère les risques » reste un point de départ à vérifier sur le terrain, jamais une évaluation. Les tableaux de bord sophistiqués n’ont d’intérêt que si vous les faites vivre. Méfiez-vous aussi de l’argument du dépôt automatique sur le portail numérique national : ce portail n’est toujours pas opérationnel en 2026, et l’obligation de dépôt dématérialisé reste en attente. Ce qui compte vraiment, c’est de conserver vos versions en interne pendant 40 ans et de les transmettre à votre service de prévention et de santé au travail à chaque mise à jour. Sur ce point, une solution de DUERP en ligne sérieuse fait le travail sans attendre une plateforme hypothétique.
Le logiciel structure, il n’évalue pas à votre place
Un logiciel organise ce que vous y saisissez. Il ne remplace pas la partie difficile : découper l’entreprise en unités de travail, repérer les dangers réels de chaque poste, coter leur gravité et leur fréquence. Cette analyse demande une observation du terrain que l’outil ne fournit pas.
Un DUERP générique, coché à la va-vite sans évaluation réelle des postes, n’a aucune valeur juridique. L’inspection du travail comme le juge sanctionnent ces trames vides, même produites par le meilleur logiciel.
Le tableur amplifie ce risque, car il n’oppose aucune structure à une saisie bâclée et laisse chaque colonne à votre libre interprétation. Les limites du DUERP sur Excel tiennent d’ailleurs autant à l’absence de garde-fous méthodologiques qu’à la fragilité du versioning. Quel que soit l’outil retenu, la qualité de votre document reste indexée sur le sérieux de l’évaluation, pas sur le nombre de fonctions.
Questions fréquentes
Un logiciel est-il obligatoire pour faire son DUERP ?
Non. Le document est obligatoire dès le premier salarié, mais le support est libre. Le Code du travail n’impose aucun format : papier, tableur ou logiciel, à votre convenance. Un outil dédié ne fait que simplifier la démarche et sécuriser le suivi.
Un DUERP créé avec un outil gratuit est-il valable en cas de contrôle ?
Oui, à condition qu’il reflète une évaluation réelle. Le document doit lister les risques par unité de travail, les coter et prévoir des mesures de prévention, conformément aux articles R4121-1 et suivants. Le prix de l’outil ne détermine pas la conformité, la qualité de l’évaluation si.
Quel logiciel DUERP choisir pour une TPE ?
Commencez par OiRA si votre secteur figure parmi les 43 modules disponibles. Sinon, l’outil générique OiRA ou un SaaS léger conviennent. Le réflexe utile : tester le gratuit d’abord, et ne payer que si vous avez besoin d’un suivi des versions et de rappels de mise à jour.
Peut-on importer un ancien DUERP Excel dans un logiciel ?
La plupart des solutions SaaS proposent un import de données via CSV ou Excel, pour ne pas repartir de zéro. C’est souvent l’occasion de nettoyer une base de risques accumulée au fil des années et de repartir sur une structure cohérente.
Les logiciels gèrent-ils le dépôt sur le portail numérique ?
Aucun portail numérique national n’est opérationnel à ce jour, et l’obligation de dépôt dématérialisé prévue par la loi du 2 août 2021 reste suspendue. Ce que vous devez assurer, c’est la conservation des versions successives en interne pendant 40 ans et leur transmission à votre service de prévention et de santé au travail à chaque mise à jour.