Exemple de DUERP rempli : modèle commenté et cotation
Télécharger un DUERP déjà rempli rassure : le document existe, les cases sont cochées, l’obligation semble réglée. Sauf qu’un exemple ne vaut que comme support de lecture. Un document unique recopié sans évaluation réelle des postes n’a aucune valeur juridique, et l’employeur reste exposé à la sanction comme à la faute inexcusable en cas d’accident.
Un DUERP rempli se lit comme un tableau organisé par unité de travail : chaque danger y est listé, coté selon sa gravité et sa fréquence, relié aux mesures déjà en place et à un plan d’action daté. Comprendre cette logique transforme un modèle en outil utile. Pour la méthode complète et les autres trames disponibles, le guide complet des modèles de DUERP sert de point de départ.
L’exemple qui suit reprend le cas d’un petit restaurant. Les chiffres sont illustratifs : votre cotation dépendra de vos locaux, de vos équipements et de l’organisation réelle du travail.
Un exemple de DUERP rempli, ligne par ligne
Voici quatre lignes d’un DUERP pour la cuisine et la salle d’un restaurant. Chaque ligne part d’un danger concret, le cote, puis le relie aux mesures existantes et à une action. La cotation retenue ici croise la gravité (G) et la fréquence d’exposition (F), chacune notée de 1 à 4.
Le score de criticité est le produit des deux (G × F), sur une échelle de 1 à 16. Plus il est élevé, plus le risque appelle une action prioritaire.
| Unité de travail | Danger et risque | Cotation (G × F) | Mesures existantes | Action prévue |
|---|---|---|---|---|
| Cuisine | Sol gras et humide, chute de plain-pied | 2 × 4 = 8 (moyen) | Revêtement antidérapant partiel | Chaussures antidérapantes fournies, nettoyage après chaque service |
| Cuisine | Friteuse et huile chaude, brûlure | 3 × 3 = 9 (élevé) | Écran anti-projection, bac à l’écart du passage | Formation aux gestes, manchettes de protection, contrôle mensuel |
| Salle | Port de bacs et plateaux, lombalgie (TMS) | 2 × 3 = 6 (moyen) | Aucune | Chariots de service, limitation des charges, rotation des postes |
| Salle | Clientèle difficile, charge mentale (RPS) | 3 × 2 = 6 (moyen) | Aucune formalisée | Procédure de gestion des conflits, renfort aux heures de pointe |
Prenez la friteuse. La brûlure peut entraîner un arrêt de travail, ce qui justifie une gravité de 3, et la cuisson a lieu chaque jour, d’où une fréquence de 3. Le score de 9 classe ce risque en niveau élevé, devant le sol glissant pourtant plus fréquent (score 8, niveau moyen). La colonne des mesures existantes change la lecture : un écran anti-projection déjà installé abaisse le risque réel, alors qu’un poste identique sans aucune protection devrait remonter en tête du plan d’action.
Un exemple sert à comprendre la mécanique : repérer les unités de travail, coter, hiérarchiser, puis agir. Les dangers et les scores, eux, doivent venir de votre propre observation du terrain, poste par poste.
Ce que contient un DUERP : les colonnes décodées
Les modèles varient dans la forme, mais les rubriques attendues lors d’un contrôle restent stables. Un DUERP complet articule l’identité de l’entreprise, l’inventaire des risques par unité de travail et le plan d’action qui en découle.
| Rubrique | Ce qu’elle contient | Exemple |
|---|---|---|
| En-tête entreprise | Raison sociale, effectif, activité, date de la version | Restaurant Le Comptoir, 8 salariés, version du 15/03/2026 |
| Unité de travail | Regroupement de postes exposés aux mêmes risques | Cuisine, salle, plonge, livraison |
| Danger et risque | La source du danger et la conséquence possible | Huile chaude, brûlure |
| Gravité et fréquence | Deux notes qui servent à calculer la criticité | G = 3, F = 3 |
| Niveau de risque | Le score (souvent G × F) et son classement | 9, niveau élevé |
| Mesures existantes | Les moyens de maîtrise déjà en place | Écran anti-projection |
| Plan d’action | Action à mener, responsable et échéance | Formation EPI, chef de cuisine, juin 2026 |
La rubrique des unités de travail décide de la qualité du document. Un découpage trop large noie les risques spécifiques, un découpage trop fin multiplie les répétitions inutiles. Le bon réflexe consiste à regrouper les postes qui partagent réellement les mêmes expositions, sans calquer mécaniquement l’organigramme.
La cotation des risques : une méthode, pas une règle imposée
La grille gravité × fréquence revient sur presque tous les modèles, au point de passer pour une obligation. Elle n’en est pas une. Le Code du travail impose d’évaluer les risques et de transcrire le résultat, pas d’adopter une échelle de notation précise.
L’employeur choisit donc sa méthode, à condition qu’elle reste cohérente et traçable. La plus répandue note la gravité et la fréquence de 1 à 4, puis multiplie les deux pour obtenir une criticité de 1 à 16. Les seuils de classement se fixent ensuite librement. Un découpage courant retient un risque faible jusqu’à 4, moyen de 5 à 8, élevé de 9 à 12 et critique de 13 à 16. Certains modèles ajoutent un troisième facteur, le niveau de maîtrise déjà en place.
Ce qui compte n’est pas le barème mais sa constance. Une même échelle, appliquée à toutes les unités de travail, rend les risques comparables et le plan d’action défendable. Une cotation qui change d’une ligne à l’autre vide le document de sa logique.
L’erreur classique : recopier un modèle sans l’adapter
Un DUERP générique téléchargé puis signé tel quel reste la non-conformité la plus fréquente. Le document décrit alors une entreprise fictive, pas la vôtre.
L’inspection du travail comme le juge prud’homal écartent ces trames vides. En cas de contrôle, l’absence de DUERP réellement renseigné expose à une amende de 1 500 euros pour une personne physique, 3 000 euros en récidive. Après un accident, un document copié ou jamais mis à jour facilite surtout la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, dont le coût dépasse largement l’amende.
Un exemple rempli pour une boulangerie ou un garage ne couvre pas vos postes. Recopié sans évaluation de vos unités de travail, il n’a aucune valeur juridique et se retourne contre vous en cas de contrôle ou d’accident.
La pression réglementaire monte. Une loi de lutte contre les fraudes, adoptée par le Parlement en mai 2026, ouvre à l’inspection du travail une amende administrative pouvant atteindre 4 000 euros par salarié concerné, en l’absence de poursuites pénales. Son entrée en vigueur effective dépend des textes d’application, à vérifier au moment où vous régularisez.
Word, Excel ou PDF : sous quel format partir de l’exemple
Une fois la logique comprise, le choix du support dépend de votre façon de travailler et de la taille de l’entreprise.
Pour rédiger librement et garder la main sur la mise en forme, le modèle DUERP au format Word reste le plus souple. Si vous voulez que la criticité se calcule seule à mesure que vous saisissez les notes, un modèle DUERP Excel automatise la formule G × F et le classement des risques. Pour une trame propre à imprimer et faire signer, la version PDF du DUERP suffit. Et si vous préférez repartir d’une structure neutre, sans risques pré-cochés à supprimer, un DUERP vierge évite de traîner les évaluations d’un autre métier.
Quel que soit le format, la valeur du document tient à une seule chose : la fidélité de la cotation à vos situations de travail réelles.
Questions fréquentes
Un exemple de DUERP rempli est-il valable juridiquement ?
Non, pas en l’état. Un exemple sert de modèle de lecture. Il ne devient un DUERP valable qu’après une évaluation réelle de vos unités de travail, de vos dangers et de vos mesures de prévention. Recopié sans adaptation, il n’a aucune valeur en cas de contrôle.
Le DUERP est-il obligatoire pour une très petite entreprise ?
Oui. L’obligation s’applique dès le premier salarié, sans seuil d’effectif (article R4121-1 du Code du travail). Une entreprise d’un seul salarié doit disposer d’un document unique au même titre qu’un grand groupe.
À quelle fréquence faut-il mettre à jour le DUERP ?
Au moins une fois par an pour les entreprises d’au moins 11 salariés. En dessous de ce seuil, la mise à jour annuelle systématique n’est pas imposée, mais le document doit être actualisé à chaque changement notable des conditions de travail et dès qu’une information nouvelle sur un risque apparaît. Les versions successives se conservent 40 ans.
Existe-t-il un modèle officiel de DUERP imposé par l’État ?
Non. Aucune trame officielle unique n’est imposée. L’Assurance Maladie et l’INRS proposent un outil gratuit en ligne (OiRA) et des modèles par secteur, mais la forme reste libre tant que les rubriques attendues figurent dans le document.
Qui peut consulter le DUERP dans l’entreprise ?
Les salariés, les membres du CSE, le médecin du travail et le service de prévention et de santé au travail, ainsi que l’inspection du travail. Les modalités d’accès au document doivent être affichées dans un endroit accessible de l’entreprise.