DUERP payant ou gratuit : faut-il payer ?
Non, le DUERP n’est pas payant. Aucun texte n’impose de régler une somme pour créer ou mettre à jour un document unique d’évaluation des risques professionnels. L’obligation porte sur le contenu, pas sur un droit d’entrée : vous pouvez le rédiger vous-même, gratuitement, dès votre premier salarié.
La confusion vient d’ailleurs. Depuis plusieurs années, des sociétés envoient des courriers d’allure officielle réclamant un paiement pour une prétendue mise en conformité. Ces sollicitations relèvent d’une arnaque au DUERP désormais bien documentée par les préfectures et l’inspection du travail. En parallèle, des prestataires parfaitement légitimes proposent, eux, un accompagnement payant. Rien à voir avec une escroquerie.
La vraie question n’est donc pas « faut-il payer », mais « ai-je besoin d’aide, et laquelle est honnête ». Payer reste un choix. Aucun versement à un tiers ne régularise à lui seul votre situation au regard de la loi.
Non, le DUERP n’est pas payant : ce que dit la loi
L’obligation tient en une ligne : transcrire l’évaluation des risques dans un document unique, dès le premier salarié. Le Code du travail fixe un résultat à atteindre, jamais un tarif ni un canal payant.
Créer un DUERP ne coûte rien : aucune taxe, aucun droit d’enregistrement, aucun organisme d’État à payer. Vous pouvez le rédiger vous-même dès votre premier salarié. Recourir à un prestataire payant reste une option, pas une obligation.
Les textes de référence sont les articles L.4121-1, L.4121-3 et R.4121-1 du Code du travail. Ils imposent d’évaluer les risques et de formaliser le résultat, sans aucun seuil d’effectif ni frais associé. Il n’existe pas de « taxe DUERP » ni de redevance de maintenance versée à une administration. Vous pouvez démarrer seul, à partir d’un modèle de DUERP gratuit adapté à votre activité.
Un point coupe court à toute pression commerciale : seuls les agents de l’inspection du travail peuvent constater un défaut ou une absence de DUERP. Le médecin du travail et votre service de prévention et de santé au travail peuvent, eux, demander à le consulter. Aucune entreprise privée n’a le pouvoir de vous sanctionner, ni de vous contraindre à payer pour être « en règle ».
L’arnaque au DUERP payant : comment la reconnaître
Parce que l’obligation est connue mais ses modalités floues, elle attire les escrocs. Le mode opératoire est stable et signalé chaque année par l’État.
En 2025, la DRIEETS d’Île-de-France et la DREETS du Grand-Est ont alerté sur des lettres ornées d’un logo bleu-blanc-rouge, au ton comminatoire, laissant croire à un courrier des services de l’État. Le principe : payer une offre avant une date butoir pour « échapper » à une sanction. En 2026, la présentation a changé, et le faux courrier de mise en conformité réclame directement une somme. Le canal varie aussi : de nombreuses entreprises sont contactées par de faux organismes qui démarchent par téléphone ou par e-mail. Certaines variantes s’abritent derrière un sigle inventé, comme les courriers signés « CAC ».
Voici les signaux qui doivent alerter :
- Un ton menaçant et une date limite pour « régulariser » votre situation.
- Un logo tricolore ou une référence à l’inspection du travail, sans coordonnées vérifiables.
- Une demande de paiement immédiat ou de coordonnées bancaires.
- L’idée d’un « enregistrement » obligatoire et payant du document.
- Un service commercial présenté comme une démarche administrative.
La menace n’est pas entièrement inventée, et c’est ce qui la rend efficace. L’absence de DUERP est bien une contravention de 5e classe : jusqu’à 1 500 € pour une personne physique, 7 500 € pour une société, montants doublés en récidive. La loi du 11 mai 2026 y ajoute une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié concerné, prononcée par la DREETS, dont l’application complète attend encore un décret. Mais aucune de ces sanctions ne transite par un courrier commercial, et aucun paiement à un tiers ne l’efface.
Aucune administration ne réclame de paiement pour enregistrer ou mettre à jour un DUERP. Seuls les agents de l’inspection du travail peuvent constater une infraction. Un document acheté à la va-vite, sans évaluation réelle de vos postes, n’a par ailleurs aucune valeur juridique en cas de contrôle.
Que faire si vous recevez une demande de paiement
La panique fait le jeu des escrocs, surtout face à un jargon réglementaire et une pression de délai. Le bon réflexe tient pourtant en quelques gestes simples.
Ne répondez pas, ne signez rien, ne transmettez ni paiement ni RIB. Conservez le courrier ou l’e-mail comme preuve. Signalez la sollicitation sur SignalConso, la plateforme officielle de la répression des fraudes. Si vous le pouvez, adressez un signalement au procureur de la République, comme le recommandent les préfectures. Un dépôt de plainte en gendarmerie ou au commissariat reste possible. En cas de doute sur un contrôle réel, appelez votre service de prévention et de santé au travail ou votre conseiller habituel : eux connaissent votre dossier et démêleront le vrai du faux en quelques minutes.
Payant ou gratuit : quelle solution pour votre DUERP
Une fois l’arnaque écartée, le vrai arbitrage se pose entre faire soi-même, s’appuyer sur un outil gratuit ou payer un professionnel. Le bon choix dépend de votre taille, de vos risques et du temps que vous pouvez y consacrer.
Du côté gratuit et fiable, l’outil OiRA de l’Assurance Maladie et de l’INRS guide l’évaluation par secteur (restauration, garages, transport, commerce de détail…) et génère un document conforme, sans coût ni engagement. Le BTP dispose de son propre outil via l’OPPBTP, et DigiRisk existe en logiciel libre. Le service de médecine du travail peut aussi accompagner sans facturation supplémentaire. Pour partir vite, ces solutions gratuites reconnues couvrent l’essentiel des TPE aux risques standards.
Du côté payant, la loi impose un résultat, pas un prix : vous restez libre du prestataire. Un logiciel en ligne offre un cadre guidé et des rappels de mise à jour pour un forfait modéré. Un consultant ou un IPRP (intervenant en prévention des risques professionnels) réalise une visite terrain et un vrai plan d’action. Les tarifs observés sur le marché vont d’environ 489 € pour une TPE à 2 500 € pour une PME, un consultant facturant souvent autour de 600 € par jour.
| Solution | Coût | Temps | Adaptée à |
|---|---|---|---|
| Le faire soi-même (bureautique) | 0 € | 8 à 20 h | Risques simples, à l’aise avec l’écrit |
| Outil gratuit officiel (OiRA, OPPBTP) | 0 € | Rapide et guidé | TPE dont le secteur est couvert |
| Logiciel en ligne payant | Forfait modéré | Rapide et guidé | Besoin d’un cadre et de mises à jour suivies |
| Consultant / IPRP | 489 € à 2 500 € | Audit sur site (½ à plusieurs jours) | Multi-sites, risques complexes, pas de temps interne |
Payer se justifie quand vos risques sont lourds (produits chimiques, travail en hauteur, BTP), quand vous gérez plusieurs sites, ou quand personne en interne n’a le temps de mener l’évaluation. Le gratuit suffit largement pour une petite structure aux risques courants dont le métier figure dans OiRA. Un seul principe reste non négociable : un DUERP n’a de valeur que s’il reflète vos postes réels. Une trame générique remplie en trois clics est assimilée, par la jurisprudence, à une absence de document.
Questions fréquentes
Le DUERP est-il vraiment gratuit ?
Oui pour sa réalisation. La loi impose d’évaluer les risques et de formaliser un document, sans jamais fixer de prix ni de taxe. Vous pouvez le produire seul, avec un outil officiel gratuit ou un modèle. Le coût n’apparaît que si vous choisissez de déléguer à un professionnel, ce qui reste facultatif.
J’ai reçu un courrier me demandant de payer mon DUERP avant une date limite. Que faire ?
C’est une arnaque, signalée chaque année par les préfectures et les DREETS. Ne payez pas, ne signez rien et ne communiquez aucune coordonnée bancaire. Conservez le document, signalez-le sur SignalConso et au procureur de la République. Aucun service de l’État ne réclame de paiement pour un DUERP.
Un DUERP acheté en ligne est-il valable juridiquement ?
Seulement s’il correspond à la réalité de votre activité. Un logiciel sérieux qui vous guide poste par poste produit un document opposable. À l’inverse, une trame préremplie et générique, sans évaluation de vos unités de travail, est traitée par le juge comme une absence de DUERP. Le prix ne garantit rien, le contenu si.
Combien coûte un DUERP réalisé par un professionnel ?
Il n’existe aucun tarif officiel. Sur le marché, l’accompagnement complet d’une TPE démarre autour de 489 € et peut dépasser 2 500 € pour une PME, selon l’effectif et la complexité des risques. Un consultant facture souvent près de 600 € par jour d’intervention. Ces montants restent à comparer au temps interne nécessaire pour le faire seul.